La directive PSD II ( en Français « DSP II ») est la directive européenne qui encadre le marché des services de paiements dans l’Union européenne. La directive DSP II a succédé à la directive DSP I qui avait déjà élargi le marché des services paiements d’alors et admis sur le marché de nouveaux prestataires de services de paiement. (Autres que les banques)
La directive DSP II conserve les mêmes lignes directrices que la DSP I, tout en encadrant l’entrée sur le marché de nouveaux opérateurs non bancaires (Third party providers ou PISP tels que Paypal) et en élargissant le champ d’application aux paiements en devises étrangères entre pays de l’EEE.
La directive DSP II s’attaque également au principe des « surcharges » qui deviennent interdites pour la majorité des moyens de paiement.
Concrètement cela signifie que dans la plupart des cas de figure, les commerçants ne pourront plus imputer de coûts supplémentaires aux clients qui paient par carte, qu’il s’agisse de paiement en ligne ou en magasin
Entrée en vigueur du Règlement (UE) 2015/751 sur la commission d’interchange et « DSP II ».
Dans le passé, une fois qu’un consommateur utilisait une carte de crédit, de débit ou carte prépayée pour acheter quelque chose dans un magasin (point physique) ou en ligne via un e-shop, la banque du commerçant (la «banque de l’acquéreur») devait payer une commission appelée «commission d’interchange» à la banque du consommateur. ( La banque émettrice “).
Cela poussait évidemment les commerçants à répercuter ce cout (« frais d’interchange » ) dans le prix final qu’ils facturaient aux consommateurs, ce qui augmentait par conséquent le cout des biens et des services.
Le règlement (UE) 2015/751 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2015 sur les commissions d’interchange applicables aux opérations de paiement par carte adresse ce problème des frais d’interchange qui représentait un obstacle au marché unique et à l’innovation.
Le règlement garantit que les commissions d’interchange sont plafonnées à un niveau tel que les coûts pour l’utilisation de moyens de paiement en ligne par des commerçants ne soit pas plus élevé que pour les paiements en espèces.
La directive DSP II acte ces changements et propose en son article 62 l’interdiction du « surcharging » aux commerçants pour la plupart des cartes de débit et de crédit (Par exemple : Bancontact, Mastercard et Maestro, Visa) émises au sein de l’Union européenne.
Ces limites ne s’appliquent toutefois pas aux transactions ou les cartes de paiement sont émises par des systèmes de cartes de paiement tripartites en dehors de l’UE. (American Express n’est donc pas soumis à cette interdiction.)
En tout état de cause pour ces exceptions, l’article 62, paragraphe 3 de « DSP II », prévoit que les frais appliqués (qui ne sont pas plafonnés) ne peuvent dépasser les coûts directs supportés par le bénéficiaire pour l’utilisation de cet instrument de paiement. Et conformément à l’article 62, paragraphe 5, il est également possible de limiter ces coûts ou de les interdire.
Transposition de la directive DSP II dans le système réglementaire belge.
La Belgique a procédé à une transposition de la directive DSP II en deux volets :
- Un volet « prudentiel et règles de sécurité », régi par la loi du 11 mars 2018 relative au statut et au contrôle des établissements de paiement et des établissements de monnaie électronique, à l’accès à l’activité de prestataire de services de paiement, et à l’activité d’émission de monnaie électronique, et à l’accès aux systèmes de paiement (« Loi du 11 mars 2018 »).
- Un volet « protection des consommateurs et règles de conduite » régi par la loi du 19 juillet 2018 portant modification et insertion de dispositions en matière de services de paiement dans différents livres du Code de droit économique (« Loi du 19 juillet 2018 »).
Les titres III et IV (Droits et obligations relatives à la fourniture et a l’utilisation des services de paiement) ont étés mis en œuvre en Belgique dans une loi distincte, qui modifie le livre VII du Code de droit économique belge.
Est-ce que l’interdiction relative aux surcharges s’étend aux « Payment Initiation Service Providers » (les nouveaux fournisseurs de services de paiement tels que Paypal) ?
Les PISP sont des nouveaux acteurs qui peuvent initier des opérations de paiement au nom des consommateur vie leur plateforme en ligne ou même une application mobile.
C’est un changement radical dans cette industrie, car actuellement il n’y a pas beaucoup d’options de paiement qui peuvent accéder au compte du consommateur effectuer un virement en son nom.
Actuellement, il n’y a que les virements (SEPA) et les cartes de débit qui permettent ce genre d’opérations et celles-ci sont fournies par la banque du titulaire du compte.
À l’avenir, nous verrons probablement plusieurs options de paiement différentes qui peuvent déplacer de l’argent du compte, sans avoir besoin d’utiliser un portefeuille (par exemple: Paypal)
La question qui se pose est de savoir si les commerçants pourront demander des surcharges pour l’utilisation de ces nouveaux moyens de paiement.
La réponse est probablement non (les surcharges pour les nouveaux moyens de paiement sont également interdites) En Belgique, l’interdiction pour le commerçant de facturer des frais au client pour l’utilisation de tout instrument de paiement est totale.
Vous avez questions relatives à ce sujet, n’hésitez pas à me contacter en m’envoyant un courriel à l’adresse indiquée dans la section “contact”.
Sources :
https://economie.fgov.be/fr/themes/ventes/politique-des-prix/paiements/interdiction-de-surfacturer